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C'est après avoir
rétabli l’autorité du roi en France que Richelieu entreprend de
rabaisser les prétentions de la maison d’Autriche en Europe. Les Habsbourgont
réussi grâce à une heureuse politique patrimoniale à réunir sous leur
coupe un grand nombre d’états européens : Autriche, Bohème, Espagne,
Milan, Naples, Pays-Bas, Portugal. Au nom d’un catholicisme militant,
ils cherchent à établir leur autorité en Allemagne et à y réduire les
états protestants. Nous sommes en pleine guerre
de Trente Ans (1618-1648).
La France finance déjà
la Hollande et la Suède, puissances protestantes en guerre contre les
Habsbourg. Dans un premier temps, Richelieu replace sous contrôle
français la vallée de la Valteline,
un nœud de communications essentiel en Europe, que l'Espagne lui
disputait (1626). Il assure au duc
de Nevers leduché
de Mantoue et le Montferrat en
forçant le pas de Suze (1629):
c'est l'épisode de la Guerre
de Succession de Mantoue.
En 1632,
l'armée du roi occupe les États de Charles
IV, duc
de Lorraine, hostile à la France.
Louis XIII déclare la
guerre à l’Espagne en 1635. Les premiers temps de guerre sont
difficiles : la chute de Corbie sur
la Somme en
1636 laisse craindre une attaque sur Paris. Richelieu est effondré mais
Louis XIII organise la défense de la capitale.
L’effort de guerre
fait basculer le sort en faveur de la France. Richelieu accroît les
prélèvements fiscaux et développe une armée permanente. Il exploite le
manque de cohésion au sein de la monarchie espagnole : la Catalogne et
le Portugal font
sécession en 1640.
Les armées du roi de
France font la conquête de l’Alsace, l’Artois (1640) et le Roussillon
(1642). Un brillant chef militaire, le futur prince Louis
II de Condé, remportera après la mort du cardinal les victoires
de Rocroi (1643), Fribourg (1644), Nördlingen (1645)
et Lens (1648).
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À un Louis XIII ombrageux et
soucieux d’affirmer l’autorité royale, Richelieu propose le programme suivant :
§
détruire la puissance
politique du protestantisme en
France,
§
abattre l'orgueil et l'esprit
factieux de la noblesse,
§
et abaisser la maison d'Autriche.
D’abord méfiant, Louis XIII
accorde sa confiance à Richelieu.
Marie de Médicis, à la tête du
parti dévot, finit par s’offenser de la volonté de Richelieu de contrer
l’hégémonie de la maison catholique des Habsbourg : il est en plus de cela prêt
à s’allier avec des états protestants. Au cours de la journée
des dupes (1630),
elle exige du roi la destitution du cardinal qu’elle juge trop indépendant. Ce
dernier, qui doit tout à la reine mère, se croit perdu ! Son ami le cardinal de
La Valette le retient de prendre la fuite. Mais le roi confirme sa confiance à
Richelieu. C’est Marie de Médicis qui doit partir.
L’exil de la Reine Mère
confirme l'abandon d'une politique qui, pour assurer le triomphe du catholicisme
en Europe, était prête à laisser le premier rôle à l’Espagne.


Le Cardinal de Richelieu au
siège de la Rochelle par Henri-Paul
Motte.
Les protestants de France,
suite à l'Édit de Nantes, forment un état
dans l’état: ils ont leurs assemblées politiques, une organisation territoriale
et leurs places fortes militaires. Leur métropole est la ville de La Rochelle
qui s’est de fait affranchie de l’autorité royale depuis un demi siècle. Le
pouvoir royal entend mettre un terme à cette exception politique qui remet en
cause son autorité.
Par ailleurs, le climat
religieux de l'époque est à l’heure d’une contre-offensive du catholicisme :
c’est la contre-réforme. Richelieu lui-même inaugure l'église Saint Louis de
l'ordre des Jésuites à Paris. Louis XIII est profondément catholique depuis
toujours, contrairement à son père Henri IV qui s’est converti pour accéder au
trône. Il impose le rétablissement du culte catholique dans la province
protestante du Béarn (1620). Il mène plusieurs campagnes militaires contre les
protestants mais échoue car mal servi par son favori Charles
d'Albert de Luynes.
Quand Richelieu accède au
pouvoir, il poursuit la politique du roi avec une volonté inflexible. Dans un
contexte de tension entre la France et l'Angleterre, cette dernière encourage la
sédition des réformés. La ville de La Rochelle désire préserver ses libertés,
notamment celle d’entretenir directement des relations avec des puissances
étrangères, en particulier l’Angleterre.Richelieu décide de soumettre
définitivement la ville.
Il entreprend le siège et ne
recule devant aucun moyen: il fait édifier une digue qui bloque toute
communication de la ville avec la mer. Le siège prend une tournure dramatique :
La Rochelle résiste pendant plus d’une année au prix de la mort de la plus
grande partie de sa population. La reddition de la ville (1628) sonne le glas de
l’autonomie politique et militaire des protestants. Louis XIII confirme
cependant la liberté de culte par l’édit de grâce d’Alès (1629).
Face à la noblesse turbulente
et ses prises d'arme régulières, Richelieu répond par la fermeté. Il supprime
les hautes charges que les grands seigneurs exercent auprès du roi. Il fait
raser plus de 2 000 châteaux forts qui ne sont plus utiles à la défense du
royaume. Il généralise l'envoi en province d'intendants chargés de faire
appliquer les décisions royales. Les assemblées provinciales, les États, sont
supprimées ou surveillées et les gouverneurs, parfois de puissants notables,
sont contrôlés.
Richelieu n'hésite pas à sévir
avec les plus Grands. Il fait décapiter le duc
de Montmorency, gouverneur du Languedoc, qui avait commis l’erreur de
prendre les armes avec Gaston
d'Orléans en 1632 et de
défendre les réclamations de la province. Le cardinal finit par assigner à
résidence le vieux duc
d’Epernon, gouverneur de Guyenne, dans la forteresse de Loches.
Ce dernier, fidèle de Marie
de Médicis, rapportait les effets négatifs sur la population des
prélèvements fiscaux croissants du pouvoir central.
Profondément affecté par la
mort, le 8 juillet 1619, de son frère Henri au cours d'un duel,
Richelieu réprime avec la plus grande sévérité cette pratique et fait mettre à
mort les nobles pris en flagrant délit de se battre. Le 22 juin 1627 sont
exécutés François
de Montmorency-Bouteville et
son cousin François de Rosmadec, comte de Chapelles, qui avaient tué en duel le
marquis Bussy d'Amboise.
Par ailleurs, Richelieu doit
déjouer les nombreuses intrigues organisées par tous ceux que gêne son action.
Parmi ses ennemis figurent la reine mère Marie de Médicis et le frère du roi Gaston,
duc d'Orléans. Les comploteurs ne craignent pas d'envisager l'assassinat du
cardinal ou de faire appel aux puissances étrangères. Richelieu fait procéder à
l'exécution du comte de Chalais en
1626 et du marquis de Cinq-Mars en
1642.